Contribution de la commission pour un Secours Rouge International aux Congrès International pour les prisoniers politiques a Berlin

Chaque année, diverses organisations et collectifs intéressés par la construction d’un Secours Rouge International (SRI) se réunissent à Bâle pour se rapprocher ensemble de cet objectif. En novembre 2006, 17 collectifs et organisations en provenance de sept pays – la Belgique, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, la France, la Turquie et la Suisse - se sont ainsi réunis pour la 2e fois pour une conférence de travail. Ce cheminement vers un SRI doit déboucher sur la création de la plate-forme politique de la Commission pour un SRI et se fera par étapes dans la pratique. Il faut tenir compte ici des différences manifestes au niveau de la culture politique, du mode de fonctionnement, du degré d’organisation et de l’état d’avancement du développement du mouvement révolutionnaire, de la lutte des classes et de la lutte anti-impérialiste, etc. Une tâche qui n’est pas toujours très simple, mais qui ne fait que refléter la situation politique objective et ses circonstances.

Nous ne pourrons développer ni structurer la solidarité internationale qu’en utilisant ces disparités comme un miroir de la situation socio-politique, autrement dit en les acceptant de manière productive et en les développant en tant que processus dialectique faisant partie intégrante du mouvement révolutionnaire international.

Pour vous donner un aperçu concret des réflexions en cours, voici cinq points qui se sont dégagés lors de la dernière conférence de travail de novembre:

1) Dans quel domaine le SRI doit-il être actif?

Doit-il se limiter au soutien révolutionnaire des prisonniers politiques engagés dans la lutte des classes, ou doit-il étendre son action à certaines revendications sociales? Entre ces deux extrêmes, il y a des objets relevant d’une zone intermédiaire comme la question des sans-papiers ou des prisonniers sociaux politisés. La base de discussion est, comme nous l’avons dit plus haut, la plate-forme pour un SRI, qui appelle à lutter contre toute répression de la lutte des classes (comme par exemple la grève) et non seulement à soutenir les prisonniers politiques et leurs combats.

2) Quelle relation le SRI doit-il entretenir avec la gauche non révolutionnaire?

Nous avons ici le choix entre la collaboration et la lutte pour l’affirmation de nos propres décisions. Quelle conduite le SRI doit-il par exemple adopter par rapport aux personnalités ou courants de la gauche social-démocrate dominante? Une collaboration tactique à certaines conditions politiques entre-t-elle en ligne de compte, ou faut-il rejeter toute collaboration avec les partis au pouvoir?

3) Quelle attitude le SRI doit-il adopter face aux différences entre les analyses politiques et idéologiques des différents/tes révolutionnaires?

Le SRI ne peut pas décider de la pertinence ou des faiblesses des différentes positions et celles-ci ne devraient pas être débattues ni être un thème de travail. Mais le SRI doit se créer un code de conduite afin que la solidarité révolutionnaire et militante ne devienne pas le cadre de batailles de factions. Nous estimons très important et indispensable, pour faire progresser le processus révolutionnaire, de débattre des questions qui se posent aujourd’hui à la gauche révolutionnaire. Mais si le SRI devient le champ de bataille de différentes lignes de pensée, il se paralyse lui-même et aucun des points de vue ne peut y être développé dans un sens productif et nécessaire.

Une autre question était la suivante:

4) Quelle attitude le SRI doit-il adopter par rapport aux deux revendications spécifiques du prisonnier politique, l’amnistie et le statut officiel?

Ou encore un problème dont l’importance est incontestable:

5) Quelles méthodes doivent être mises en oeuvre pour le fonctionnement du SRI?

Dans tous les groupes, les décisions sont prises selon le système majorité/minorité. Cela pose divers problèmes. Un groupe de trois personnes a-t-il par exemple autant de poids qu’un groupe composé d’une centaine de militants, dans le processus de décision?

La Commission pour un Secours Rouge International s’est concrètement toujours préoccupée aussi de l’analyse de la contre-révolution et des possibilités de la combattre.

Au dernier congrès international, le 18 mars 2006, nous avions présenté ici, à Berlin, une brochure consacrée à l’estimation sur le plan international de la contre-révolution préventive.

Maintenant, nous planifions concrètement l’analyse de la vague de répression du 12 février 2007 en Italie et en Suisse. Comme on le sait, celle-ci est dirigée en particulier (elle n’est pas terminée) contre l’organisation révolutionnaire Construction le parti communiste politique-militaire (PC p-m) et de manière générale contre le mouvement communiste.

Attaquer les structures qui entretiennent systématiquement une solidarité révolutionnaire est l’un des niveaux de la contre-révolution préventive de la classe dominante. Concrètement, ce mouvement répressif actuellement actif en Italie attaque le secrétariat de la Commission pour un Secours Rouge International en essayant de diverses manière de le criminaliser (129a n’est qu’un article parmi beaucoup d’autres). Nous sommes d’avis, dans le même ordre de pensée que la citation de Mao Tsetung, que lorsque l’ennemi essaie de te frapper, cela veut tout simplement dire que ton travail politique se développe dans la bonne direction! Inutile de préciser que nous inverserons l’attaque et en ferons notre propre initiative.

Une étape dans cette direction est la planification d’une nouvelle brochure qui dressera et divulguera un inventaire des techniques, méthodes et stratégies concrètement mises en œuvre par les organes de la répression.

Ce travail a pour but d’aider à empêcher que les organisation actives et militantes au niveau de la lutte des classes ne se retrouvent dans des situations identiques ou similaires à celles des camarades italiens/ennes, le 12 février!

Utilisons alors la prévention révolutionnaire contre la contre-révolution préventive impérialiste!

Même si pour nous, la signification et l’importance de l’organisation de la solidarité sur le plan international passent avant toute chose, cela ne veut pas dire que nous reléguons la lutte avec et pour les prisonniers révolutionnaires au second plan. Bien au contraire!

C’est avec une grande colère que nous observons que les prisonniers révolutionnaires sont soumis à une répression grandissante, que reflète par exemple le principe appliqué dans le monde entier du qui ne se rétracte pas ne sort pas de prison!

Le chantage à l’abandon de la lutte devient partout la règle, que ce soit en France, en la personne de Nathalie Ménigon (Action Directe), ou en Espagne, contre Josefina Garcia Aramburu (PCE(r) et Grapo), toutes deux gravement malades. George Ibrahim Abdallah ne quittera pas non plus la prison tant qu’il n’aura pas abjuré ses objectifs politiques. En Suisse, pour citer un autre exemple, la justice de classe a tenté d’interner Marco Camenisch au lieu de le libérer en 2012, après 26 ans de détention!

Ou alors:

Il suffit d’un écrit anticapitaliste (où il n’est même pas question de lutte armée) pour remettre en question une libération conditionnelle (comme dans le cas de Christian Klar, détenu en RFA depuis 26 ans) ou pour provoquer une nouvelle condamnation (comme dans le cas d’Iñaki De Juana, qui devait être libéré en 2003, après 18 ans de prison, et qui fut condamné à 12 ans et 7 mois supplémentaires de détention parce qu’il avait écrit deux articles dans un journal basque).

La ténacité et la continuité sont des attitudes révolutionnaires que l’ennemi de classe craint comme la peste.

La ténacité et la continuité sont un nerf vital du processus révolutionnaire, dont la protection doit être organisée !

La solidarité dans la lutte de classe doit être développée et structurée. Il ne peut pas y avoir de progrès durable sans confrontation collective aux questions précitées, ainsi qu’à d’autres problèmes. Les conférences bâloises contribuent chaque année à ce processus de réflexion. Il s’agit là d’un cheminement lent et laborieux, mais incontournable. Nous vous invitons toutes et tous à y participer, soit directement, par l’intermédiaire d’une délégation, soit en nous faisant parvenir des analyses qui aident à progresser vers la résolution des problèmes susmentionnés et dans l’ensemble du processus.

Nous concluons donc par nos deux mots d’ordre:

La solidarité est notre arme — utilisons-la!
Construisons la solidarité — brisons le capitalisme!

18. mars 07

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