UN BILAN NECESSAIRE

Sommaire:

1. Presentation
2. Un bilan necessaire
3. Affonter le fascisme
4. La naissance de l'organisation
5. Quelques conclusions de caractere théorique
6. Apprendre des erreurs
7. Rompre le siege, vaincre la guerre psychologique
8. La fuge de la prision de Zamora
9. Il n'y a pas de treve
10. Les efforts dirigés a lever de nouveau l'Organisation
11. La lutte pour maintenir l'initiative
12. Situation apres les arrestations d'octobre
13. Sur la planification et les méthodes de conduite de la lutte
14. Délimiter plus nettement les buts
15. Agir avec de l'autonomie, affirmer notre propre identité


1. Presentation

Récemment les GRAPO, profitant la trève olympique, ont tenu une importante réunion laquelle, comme il se passe dans les situations de clandestinité rigoureuse, n'est pas arrivé à la connaissance du grand public. Pourtant, nous n'entrerons pas ici dans les détails de son deroulement parce que nous pensons qu'il n'est ni le moment ni le lieu les plus adéquats pour cela. Nous le laisserons donc por une meilleure occasion afin de ne pas dévier l'attention du lecteur du document ou, sous le titre de "Un bilan nécessaire", se sont concretissées leurs conclusions.

Depuis longtemps, les GRAPO ne réalisaient pas une analyse de leurs expériences. On peut donc dire que la parution de ce document prend ainsi tout son sens véritable et son importance. Il y recueille, synthétise et expose, sous un point de vue autocritique, sans aucune réserve, tout le processus de lutte développé de leurs premières actions à nous jours, s'arrêtant particulièrement dans l'etape la plus récente, sur laquelle on y fait un exposé assez complet.

Il est possible que plus d'un soit surpris devant les révélations faites dans "Un bilan necécessaire", les unes sur des faits connues et les autres sur des faits n'étant pas si connus. Il nous a semblé une excellente idée parce qu'elle apporte un point de vue plus large de l'activité déployée dernièrement. Nous partons du principe que ces révelations ne sont plus aucun secret pour les forces rèpressives, comme le document même laisse entrevoir, ni elles renferment aucun danger pour la sécurité de l'Organisation ni du mouvement de résistance.

Il nous paraît également adéquate l'inclusion, en guise d'appendice (1), d'une sélection de textes des GRAPO (sauf l'extrait de "Entre deux feux" que cette Organisation se rallie entièrement à lui) devant être d'une grande aide pour comprendre leur trajectorie et leur buts révolutionnaires. Parmi les textes ressortent les premiers communiqués et d'autres écrits de la période initielle, sans doute le moins connue de la part des génèrations les plus jeunes. D'ailleurs, il faut souligner que la plupart des documents ont dû être résumés pour ne pas faire le recueil trop encombrant.

Si quelques-une se questionnaient si les GRAPO ont été ou pas définitivement "désarticulés" ils trouveront la reponse dans ce livre. Après la proclamer autant de fois, l'histoire des "mystérieuses apparitions et disparitions", élaborée par la propagande officielle pour dissimuler l'échec de sa stratégie répressive, est devenue la plus grand fiasco du régime dans son acharnement pour dénaturer et anéantir le nouveau mouvement de résistance qui se développe en Espagne.

décembre 1992

2. Un bilan necessaire

Dix-sept ans se sont écoulés dès que le 18 juillet 1976 notre Organisation, les Groupes de Résistance Antifasciste Premier Octobre (GRAPO) se fait connaître avec un communiqué revendiquant plus d'une dizaine d'actions armées dirigées contre l'Etat fasciste espagnol. Bien que la réforme politique du régime n'eût commencé, on annonçait déjà "l'ouverture" par où devraient entrer peu après tous les partis et groupes politiques de la gauche soumise. Depuis ces dates, déjà lointaines, la vie politique et sociale a enduré plusiers avatars et notre Organisation n'y a jamais cessé d'intervenir avec de nombreuses actions armées: quelques fois, pour faire face a la répression et à la terreur fasciste de l'Etat; d'autres fois, pour dénoncer les manigances et les manoeuvres politiques du gouvernement et des partis politiques; encore des fois por appuyer aux masses dans leurs luttes ou bien pour procurer notre renforcement.

Comme de bien entendu, au cours de cette longue lutte, l'Organisation a reçu aussi les coups de l'ennemi assez souvent. On a commis des erreurs (quelques-unes très graves), on a été quelques fois harcelés. Et encore et dans les pires conditions, l'Organisation s'est maintenue toujours dans la brèche; nos militants, soit dans la rue, soit aux commissariats ou soit dans les cellules d'isolément, ils ont fait honneur à leur engagement révolutionnaire et ils ont sû transformer la faiblesse organique et militaire en une victoire politique et moral permanente. En général, on peut dire que les GRAPO ont accompli résoluement et courageusement les tâches fixées comme partie intégrante du mouvement de résistance populaire, et ils ont supporté les coups répressifs de l'Etat. Quel outre bilan peut-on faire de toutes ces années de lutte armée révolutionnaire? L'Organisation, a-t-elle été "mise en déroute" ou est-elle peut-être en processus "d'extinction" comme assurent les porte-paroles du régime? Notre propre activité s'occupe de le démentir tous les jours, ce qui démontre, en outre, deux choses: primo, la justesse de la lutte armée de resistence; et secundo, que les conditions générales la faissent surgir non seulement ne se sont pas modifiées, mais elles la font de plus en plus nécessaire.

C'est le développement de ces conditions mêmes (l'aggravation de la crise économique et politique du régime et l'accentuation de ses traits fascistes, ainsi que l'augmentation du mécontentement et de la lutte populaire, etc.) uni à la nouvelle situation crée ce qui nous exige maintenant faire halte pour analyser les expériences de toutes ces années de lutte, pour voir avec le maximum de clarté possible la perspective et pour élaborer de nouveaux projets de combat.

3. Affonter le fascisme

Au début, il y avait la pratique. On peut considérer que nous fûmes poussés prendre les armes par la necessité d'affronter le fascisme au moment où cet ennemi de tout le peuple prétendait se perpétuer en faisant appel, comme il l'a toujours fait, à la répression et au terrorisme ouvert. Certes, les conditions n'etaient pas déjà les mêmes d'autres époques antérieures. Le régimen avait épouisé ses posibilités dans ce domaine. Evidemment, nous avions une idée très nébuleuse sur ce sujet. Nous nous sentions surtout solidaires avec les victimes de la répression; quelques fois nous fûmes aussi le but direct de la répression, mais nous ne savions pas comment l'affronter. La charlatanerie dominante aux milieux de la gauche la plus "radicale" nous attristait et, nous mèmes, nous nous y voyions impuissants et extraordinairement limités par la faiblesse de l'Organisation et par la pénurie de moyens matériels. En sorte qu'il n'y eût rien d'autre à faire qu'aller au combat avec ce que nous avions: quelques pistolets, des matraques, des marteaux, etc. Nous devions arracher des mains de l'ennemi les armes que nous avions besoin.

Dans le cadre de la théorie politique, nous ne disposions pas d'un arsenal meilleur. Nous avions compris les idées de Lénine sur la lutte armée et l'insurrection. Nous avions aussie quelques connaisances des théories militaires de Mao et des expériences guérilleras des mouvements de libération nationale des colonies, mais les unes et les autres étaient insuffisantes ou peu aptes pour notre pays. Quoi faire? C'etait la question que nous nous faisions tous les jours. Le principe de la lutte armée révolutionaire pour prendre le pouvoir était intouchable pour nous. Mais, comment l'appliquer ici et maintenant, de manière qu'il ne se retourne contre l'Organisation elle-même? D'ailleurs, comment conjuger ce principe à la pratique du mouvement de masses, lorsque la répression faissait-elle des ravages dans la volonté de lutte et dans le moral de beaucoup de gens? Comment affronter la répression? Celles-ci furent quelques-unes des nombreuses questions que nous nous faisions alors. De toute façon, le passage à la résistance armée nous l'avions déjà fait et donc, beaucoup de nos méditations furent vite éclaircies.

4. La naissance de l'organisation

Arriver à comprendre que, de nos jours, il ne serait pas grâce aux votes, ni avec les moyens pacifiques et parlamentaires comment nous allions pouvoir faire face à la répression fasciste et, encore moins, contribuer au renversement de l'Etat capitaliste, mais que cela serait seulement possible grâce à la lutte politique de résistance, y comprise la lutte armée, il a supposé un pas d'énorme portée, nous amenant trés tôt à faire un autre également important: celui de l'organisation.

Pour pratiquer la lutte armée révolutionnaire, in ne suffit pas la conscience de sa néccesité historique; il ne suffit pas non plus la volonté, l'enthousiasme et le dévouement désintéresée. Nous avions tout cela abondamment. Mais une organisation bien structurée, centralisée et avec une discipline de fer nous manquait. Pour nous, il était évident déjà à cette époque-là, que se lancer au combat manquant de cette organisation nous aboutirait à l'aventurerisme et à gaspiller nos énergies dans une lutte inégale contre les forces répressives de l'Etat. Pour cela nous y sommes mis immédiatement au travail dès l'instant que nous avons mené à bien les premières actions.

Dans ce travail nous avons compté à chaque instant sur l'aide et l'experience que nous procura le PCE(r) (2) et quelques-uns de ses militants les plus qualifiés. En réalité, le Parti fur celui qui assuma la responsabilité de créer l'Organisation, quand il prit la décission, après la célébration de son Congrès reconstitutif en juin 1975, de séparer de sa structure organique à la "section technique", laquelle était alors menée par Cerdan Calixto, Abelardo Collazo, Hierro Chomón et d'autres militants, devenant le premier noyau dirigeant de l'Organisation. Ce centre avait recommendé la mission de créer une véritable Organisation militaire "encadrant le plus grand nombre possible de combattants anti-fascistes, formant ses propres cadres (ne devant pas être nécessairement de membres du Parti ni professer l'idéologie communiste); en outre, on exigeait que l'Organisation agirait dorénavant de façon autonome du Parti et qu'elle adopterait ses propres décissions" (3). Avec cette résolution, on peut dire que les GRAPO furent, en fait, constitués comme une organisation armée révolutionnaire indépendente. Néanmoins, le PCE(r) plaida toujours et procura maintenir la rélation politique la plus étroite avec nous.

Deux mois plus tard, le 21 août 1975, l'Organisation décide mener à bien les premières actions armées, exécutant deux gardes civiles aux alentours du cynodrome à Madrid. L'opératif suivant, nous l'avons réalisé le premier octobre 1975. Ce jour-là, aussi à Madrid, nous avons exécuté quatre numéros de la police armée comme représaille pour les exécutions que ce même corps répressif avait perpetré quelques jours avant (le 27 septembre). Il se passait, rappelons-nous, em même temps où un acte d'affirmation fasciste se reprèssentait sur la place d'Oriente; un acte prédicé par Franco et ses acolytes. Il y a ceux qui assurent que Franco rentra alors au coma.

Celles-ci et d'autres nombreuses actions armées menées par notre Organisation contre les forces répresives et contre les institutions du régime fasciste eurent un énorme retentissement et supposèrent une grande victoire politique et militaire. Il ne faut pas oublier qu'à cette époque le régime de l'oligarchie financière se trouvait harcelé partout et qu'il essayait de prendre l'initiative montrant une position de "force". Il y devait contribuer les exécutions, la terreur déchaînée parmi les masses et des actes comme celui de la place d'Oriente. En même temps, le régime essayait d'inculquer parmi les travailleurs l'idée de que toute résistance étaient inutile. Bien entendu, nous ne pouvons pas savoir ce qu'il serait arrivé sans les actions que nous avons alors mené à bien, mais nous assurons qu'avec ces actions disparirent définitivement les illusions de maintenir plus de temps débout la terreur ouverte, et nous sommes bien plus sûrs de la démonstration, nette et concluante que, de nôtre part, nous n'allions pas permettre qu'ils furent toujours à assassiner et à massacrer les gens avec une totale impunité.

5. Quelques conclusions de caractere théorique

Après ces premiers combats et ceux qui s'ensuivent au cours de la réforme (4), l'Organisation tira quelques conclusions de type théorique. Le fait d'avoir démandé depuis le début sa capacité et sa décission dans la lutte deviendrait un facteur d'énorme importance politique, bien plus si nous prenons en considération le moment si crucial que la vie du pays franchissait: les GRAPO font irruption juste au moment où le régime essayait s'étouffer en sang les aspirations de liberté et d'une vie meilleure des masses populaires, et leurs actions parviennent non suelement à arrêter la terreur fasciste, mais elles supposent un grand encouragement permettant aus travailleurs de poursuivre la lutte et d'arracher quelques améliorations politiques au système. C'est ainsi que, dès le debut de la réforme commencèrent à se combiner les actions armées de la guérilla avec le mouvement de masses ce qui, uni à l'activité générale du Parti prolétarien, constitue le trait le plus remarquable du nouveau mouvement de résistance populaire apparaissant en Espagne.

Analysant ces importantes expériences, notre Organisation souligne comme charpente fondamentale de sa ligne politico-militaire, cette liaison qui existe, en fait, entre le mouvement populaire et la lutte armée. Bien plus, nous puvons dire qu'autant cette expérience-là que celle que nous avons accumulée dans la longue lutte que nous livrons depuis lors, nous a pourvu de la certitude absolu sur la nécessité que la lutte armée et les mouvements des masses doivent marcher ensemble pour arracher des concessions et pouvoir renverser finalement le fascisme et le monopolisme. Seulement ainsi, comme la pratique l'a démontré, nous serons invincibles. Sinon, on n'obtiendra rien et nous serons maintes et maintes fois trompés et massacrés par les patrons de toujours.

Malgré son importance, il ne suffit pas cette suele rélation. Outre cela, il est indispensable d'avoir une vision nette de la situation générale à chaque instant de savoir bien mesurer nos forces et de signaler précisement nos tâches et buts. Sur ce sujet, il importe insister que la guérilla, comme telle, elle no doit pas se proposer atteindre d'autres objectifs, donc l'étape actuelle de lutte, que ceux d'accumuler des forces et d'affaiblir celles de l'ennemi, ainsi que contribuer à créer toutes les autres conditions (politiques, économiques, organiques, etc.) facilitant l'extension et le renforcement du mouvement de resistence populaire.

Quant à sa stratégie, aux phases que franchit la lutte et à la l'exposé militaire, nous avons trés tôt compris la nécessité d'adapter la conception de la guerre populaire prolongée aux conditions de notre pays. Cela implique suivre une ligne de défensive stratégique dans cette première étape, pour passer ensuite, quand les conditions se modifiéront à une seconde étape d'offensive stratégique ou insurrectionnelle.

Dans le "Programe-Manuel du guérillero" élaboré par notre Organisation, cet important problème de la théorie militaire figure ainsi exposé: "Conformément aux conditions diverses, le changement dans la corrélation de forces et conformément à la technique et à l'art militaire, la stratégie de la guerre populaire prolongée comprend autant la défensive que l'offensive stratégique".

"Actuellement il existe un déséquilibre de forces à la faveur de la réaction. Les forces populaires partent d'une position d'inferiorité et, pour cela, elles se voient obligées à maintenir une lutte de stratégie défensive. Mais comme elles sont porteuses de tout le neuf et qu'elles luttent pour une cause juste et progressiste, elles se renforcent au cours de la guerre et trouveront un large soutien. Par contre, les forces réactionaires partent d'une position de superiorité. Mais comme elles sont porteuses de tout le vieux et déjà caduc et qu'elles défendent une cause injuste, elles s'affaibliront et resteront isolées, jusqu'à la fin ou produise un nouveau déséquilibre, seul que cette fois à la faveur des forces populaires. Ainsi pourront celles-ci passer à l'offensive stratégique pour anéantir dans un délai de temps relativement court, aux forces principales de l'ennemi et pour introduire un régimen populaire".

6. Apprendre des erreurs

A la fin de 1976 on produit en Espagne un accroissement des antagonismes et des luttes sociales. Le régime se trouve entièrement isolé et s'écroule partout; c'est pourquoi, etant en danger son maintien même, l'oligarchie financière décide finalement d'entreprendre la réforme politique. Bref, la réforme n'a supposé une outre chose que l'intronisation du Borbón Juan Carlos et la modernisation de l'appareil bureaucratico-répressif de l'Etat, ce qui a été possible grâce à l'activité collaboration des carrillistes (5) et socialfascistes du PSOE. Avec l'incorporation de ces individus au système, le régime crée par Franco acquiert une teinture de légitimité "démocratique". Mais il n'y devrait pas changer la nature monopoliste, fasciste et impérialiste, profondément réactionnaire, de l'Etat espagnol. C'est ainsi que le résumait Suárez même (falangista au dernière moment, executeur de la réforme): "On réforme ce qu'on veut consérver". Dans ce but, ils démarrèrent la farce du référendum.

Pour dénoncer cette monoeuvre politique continuatrice et obliger au gouvernement à faire des concessions véritables aux masses populaires et à leurs organisations démocratico-populaires, les GRAPO projetèrent mener à bien, de façon simultanée "l'Opération Papier" et "l'Opération Cromo". La première consista en attaquer avec des charges explosives le principal moyen de propagande du régime, la télévision. La seconde, commencé en décembre 1976, fut l'un des opératifs les plus complexes et ambitieux accomplie jusqu'alors par notre Organisation. Le principal but cherché était la libération des prisonniers et la dénonce de la mascarade plébiscitaire. Dès le début les GRAPO firent un appel à l'action et à l'unité populaire contre la grosse escroquerie politique qu'essayaient de consommer les instances officielles en accord avec les politiciens de la prétendue "opposition". En ce sens, on doit signaler que l'utilisation des armes pour la libération des prisonniers politiques en combination avec les mobilisations des masses se déroulant depuis quelque temps par tout le pays, établissait un précédent dans ce genre de lutte.

La première phase de "l'Opération Cromo", c'est-à-dire, autant la prise du Président du Conseil d'Etat, l'oligarchie et financier Oriol, que celle du Lieutenant Général Villaescusa, Président à la fois de la Cour Supérieure de Justice Militaire, elle est effectué avec une totale précision. Il arriva ensuite, au cours de la même, qu'on commença à réveler les faiblesses et les carences que devrait réssoudre notre Organisation dans son affrontement contre l'appareil répressif de l'Etat. Les tenants et aboutissants de cette opération, laquelle s'est prolongée durant deux mois, ainsi que son dénouement, sont déjà connus: le 11 février la police réussit à arrêter le commando qui surveillait les prisonniers et à se faire avec un important butin de guerre. Mais ce qui supposa un coup plus grand pour l'Organisation, ce fut l'arrestation de la plupart de la Direction. Peu après, nous atribuerions la cause de cet échec au mauvais fonctionnement et aussi, bien que moins, à une conception erronée très étendue alors dans l'Organisation, conduissant à sous-estimer au plan tactique à l'ennemi. Les succès nous avait énivré et cela fit de baisser la garde au moment où nous avions plus besoin de nous maintenir sur nos gardes: manque de direction, distribution incorrecte des forces disponibles, relation incorrecte entre la tâche principale (la surveillance des prisonniers) et les tâches secondaires (comme la réponse aux assassinats multiples d'Atocha). Nous pouvons ainsi résumer les erreurs principales commises. D'ailleurs la série d'arrestations suivant au dénouement de "l'Opération Cromo" mit en évidence un relâchement général de la discipline et une détéorioration des rapports entre les militants, motivée fondamentalement par le mauvais fonctionnement.

Nous avons alors analysé tous ces problèmes et nous y avons cherché une juste solution. Avant tout ou devait établir une stricte division du travail et une nette délimitation des responsabilités dans l'ensemble de l'Organisation, dans chaque section et dans chaque groupe. Particulièrement, le Commando Central devrait assumer sa fonction de façon responsable, sans abandonner nullement son devoir. Sur cette base, on devait compartimenter le travail en sorte qu'aucun militant, même pas les responsables pussent connaître plus de données et d'informations que celles qu'ils eussent besoin pour leur travail. Ensuite on devrait rétablir la discipline et la confiance réciproques sur la base de la discussion ouverte et franche de tous les enseignements les plus importants que nous avons tiré de cette étape, c'est pourquoi ses résultats ne pouvaient être que ceux de renforcer l'esprit combattif et de tirer le plus grand rendement de tous et de chacun. Cela nous a permis aussi de réussir et de préserver une partie de l'Organisation, même dans les pires conditions de "siège et anéantissement".

7. Rompre le siege, vaincre la guerre psychologique

De même que la formation du Commando Central marque le commencement de l'etape constitutive de l'Organisation, son arrestation, autant par les conditions concrètes où elle s'est produite que par la nouvelle situation crée dans l'Organisation, marquerait la fin de cette étape et le commencement d'autre étape différente.

Jusqu'ici nous pouvons dire que l'un des objectifs que nous nous avions marqué, celui de démontrer qu'on pouvait combattre au fascisme avec les armes aus mains, ils s'etaient accompli pour l'essentiel. Maintenant il manquait démontrer qu'on pouvait continuer à résister, jusqu'à ouvrir une brèche par où faire irruption le mouvement révolutionnaire des masses. Celui-ci va être notre principal objectif pendant cette étape nouvelle et difficile.

Avec l'arrestation de la plupart de la Direction des GRAPO et la destruction d'une grand partie de sa capacité opérative, on nous crée une situation de faiblesse extrême. Nous continuons à combattre mais, à partir de ce moment-là, nous commençons a perdre l'initiative. Nous n'accumulons pas déjà de forces, mais nous en perdons; nous faisons des projets mais la plupart du temps nous nous voyons impuissants pour les accomplir. Cette situation critique s'aggraverait bien plus avec l'arrestation, en octobre 1977, du Comité Central du PCE(r). La guérilla reste non seulement dépourvue de sa direction militaire, mais aussi de la direction politique et idéologique dont elle a besoin. A cette perte de direction et de capacité opérative on ajoutait un autre facteur défavorable: à partir de là nous ne pouvions déjà compter sur la "désorientation" ou le manque d'information que les forces répressives avaient eu sur nous; dans la pratique, le relatif avantage que cela supposa au début, restait donc annulé. De façon que cette situation va lui faciliter les choses au moment où, une fois réalisée la farce éléctorale avec le concours de la gauche "soumise", le régime décide de jeter le gros de ses forces policières sur les GRAPO et le PCE(r). Cette campagne répressive, unie à la guerre psychologique, va se prolonger tout le long de la période de "passage" à la "démocratie".

La classe dominante espagnole sait, vue sa largue experience dans la répression du mouvement ouvrier et populaire, que si elle n'arrive pas à décapiter et à annéatir le mouvement révolutionnaire organisé et à couper ses liens avec les masses dans cette première étape, il lui en sera impossible plus tard. Pour cela il emploie toutes ces forces et ses moyens afin de nous détruire le plus tôt possible. Etant consciente du dur coup qu'ils nous avaient assené et des encore faibles liens nous unisant aus masses, à la fois qu'ils nous posent un siège policier, ils déploient une campagne venimeuse de désinformation fondée sur les prétendues "origines obscures" de notre Organisation et sur ses "obscurs" et "étranges" buts et objetifs. Dans ce contexte, notre activité révolutionnaire devrait passer sous une pression et un harcèlement continnuels.

Comment rompre ce siège? Comment mettre à découvert toutes les mensonges et les bobards inventés par les plumitifs au service du capitalisme? Pour nous il n'a jamais existé aucun doute d'y parvenir seulement continuant le combat et le posant sur le terrain le plus favorable par notre cause, c'est-à-dire, sur le domain politique. A cette fin, en octobre 1978, nous avons proposé au gouvernement, avec le PCE(r) et d'autres organisations démocratico-revolutionnaires, le "Programme des Cinq Points" renferment l'éxigence de l'épuration de l'Etat des individus fascistes, la libération des prisonniers politiques et l'établissement de libertés authentiques pour tous les partis, en échange de la cessation de l'activité armée. Cette proposition serait répondue par le gouvernement quelques mois après assassinant Juan Carlos Delgado de Codex y Francisco Javier Martín Eizaguirre, des membres du Comité Central du PCE(r), ainsi que d'autres militants de base su Parti et des GRAPO. Le régime avait réussi à surmonter les pires moments de la crise politique en même temps qu'il se dotait d'un nouveau arsenal de lois dirigées à réprimer, de façon spéciale, le mouvement de résistance populaire. Tout cela s'est passé à la fois qu'il "arrangeait" son appareil productif et qu'il soumettait les masses ouvrières aux conditions d'explotation assez semblables à celles de début du siècle. Néanmoins nous étions conscients que, à la longue, cette politique et sociale devait se produire, nous en étions convaincus, d'ici peu; d'ailleurs, à difference de la période anterieure, cette fois nous comptons sur ce que l'oligarchie espagnole ne pouvait pas avoir la base sociale que lui avaient proportionné les carrillistes, les socialfascistes et les autres éléments de la "gauche", ayant été "brulés" pendant la réforme.

Devant cette situation génerale, et prévoyant son déroulement, les GRAPO ne pouvoient pas entrer dans la dynamique du "coup par coup" où l'ennemi voulait nous mener pour nous saigner et pour nous détruire. C'est pourquoi on devait avoir posé la réalisation d'actions très selectives, dirigées contre le organes les plus sensibles de l'Etat, pour accélerer la nouvelle crise qui s'était engendrant et pour permettre de maintenir la bannière de la résistance. L'emploi de cette tactique juste dura une courte période à laquelle ont revenu les exécutions de hauts responsables de la répression, comme le Directeur Général des Prisions, Haddad, et le juge Cruz Cuenca. Le choix minutieux des buts, uni au choix de meilleur moment pour accomplir les actions, créa du désarroi et une grande inquiétude parmi les partisans du régime: maintes et maintes fois ils avaient proclamé la "décapitation" et la "désarticulation" des GRAPO qu'ils durent finalment, que notre Organisation (como le fleuve Guadiana) "disparait et apparait" y profitant en outre les moments politiques les plus adéquats.

Nous devions continuer à combattre mais a la fois, préserver plus que jamais nos forces. D'abord nous y devions éviter la tentation de rendre coup par coup puisque cela supposait "entrer dans le piège" que l'ennemi nous posait à chaque pas et nous laisser traîner au terrain le plus favorable pour lui. Bien entendu cette réserve ne pouvait pas supposer une position passive ou conservatrice. La passivité peut seulement mener à la perte de toute initiative, à la démoralisation et finalement, à l'échec, étant donné que, de toute façon, la machine répressive de l'Etat ne cessa jamais de nous poursuivre et de nous attaquer, elle ne cesse jamais d'assassiner, de torturer et d'emprisonner à ceux qui le font face. D'autre part, il ne faut pas oublier que, dans cette situation-là, nous avons dû attendre aussi, de même que nous l'avons toujours fait, les requêtes quotidiennes de la lutte de classes, malgré être soumis au harcèlement policier et à la pression de la guerre psychologique, ce qui nous a exigé de nouveaux efforts et des sacrifices.

Pendant cette étape, une dizaine de militants furent assassinés par la police et par la garde civile et beaucoup d'autres furent arrêtés et torturés. Ces pertes repercutèrent en la capacité opérative de l'Organisation et lui empêchèrent de fortifier sa Direction et de créer une infrastructure solide. Cette situation s'aggraverait bien plus à la suite de la campagne "cent par un" qu'on essaya d'accomplir pendant le printemps et l'été de 1979 comme réprésaille par les assassinats de quelques dirigeants et militants commis par la police. L'énoncé de cette campagne fut erroné par deux raisons: primo, ce que nous avons dit ci-dessus (nous ne devons pas nous laisser prendre par les pièges que nous pose l'ennemi) et secundo, les buts que nous voulions atteindre étaient disproportionnés. Dans la pratique, cela obligea à mettre en cause à toute l'Organisation et à négliger tous les autres aspects de l'activité politico-militaire, y compris la sécurité de la Direction. Bref, on pouvrait dire que, même s'il est vrai que nous avions alors un potentiel suffisant pour un développement "normal" des activités, il etait de toute évidence insuffisants pour faire la "punition" cherchée et il fut mal employé. Cette erreur de "calcul" se retournerait très tôt contre nous et l'on pouvait avoir evité puisque, ou lieu de perdre la tête en des moments si critiques, la Direction devrait avoir évalué froidement la situation et ordonné un repli tactique, en attendant le meilleur moment pour entreprendre une offensive en règle permettant notamment de faire payer à l'Etat tous ces crimes, sans exposer, comme on l'a fait, à l'Organisation à subir de nombreuses arrestations.

8. La fuge de la prision de Zamora

Quelques mois après ces arrestations, le 17 décembre 1979, et lorsque le gouvernement de Suárez considérait encore une fois l'Organisation liquidée, on produit la fuge de Zamora de cinq de ces dirigeants les plus remarquables: Cerdán Calixto, Abelardo Collazo, Martín Luna, Hierro Chomón et Brotons Beneyto. Pourtant, les résultats de cette fuge n'ont pas corréspondu aux énormes expectatives crées, autant dans le mouvement organisé qu'entre de larges secteurs de la population. L'organisation du Parti et des GRAPO en prision, travaillant ensemble, avaient realisé de gros efforts pour libérer ces cadres et avaient élaboré des projets ambitieux pour eux, avec la certitude qu'ils seraient capables de les accomplir. Mais tous ces espoirs seraient bientôt déçus. Cela est surtout arrivé par le volontarisme et l'inconscience que quelques-uns démontrèrent, ce qui, difficulta l'adoption de décissions et l'action coordinée la plupart du temps. Etant donné ces circonstances, il ne fut pas possible non plus leur protéger de la répression afin de garantiser la continuité de la Direction.

Tous ces camarades démontrèrent avoir, comme toujours, beaucoup de courage et de héroisme, mais ils ne surent pas se protéger ni se libérèrent de quelques conceptions et pratiques anciennes, déjà surpassées par le développement de la lutte et l'expérience même de l'Organisation. Ils continuèrent ainsi à faire les choses comme auparavant. On explique donc que, quelques mois après la fuge, aient été arrêtés Hierro Chomón et Brotons Beneyto, et que Abelardo Collazo ait été assassiné, abbatu à tirs para la police. Un an plus tard, Cerdán Calixto fut aussi assassiné. Le seul des fuguistes restant en liberté, Juan Martín Luna, serait aussi assassiné en décembre 1982, quelques jours après que les socialfascistes du PSOE gagnent les éléctions générales, répondant ainsi à l'offre d'une trève que notre Organisation avait fait aux nouveaux gouvernants.

Malgré ces pertes énormes pour nous et les erreurs commises, il est juste de considérer que cette étape se salda avec une victoire du mouvement révolutionnaire car, s'il est vrai que le gouvernement suariste(6) avait parvenu à nous frapper fortement plus d'une fois, par contre il n'a pas réussi à supprimer notre activité armée et de dénonce politique et bien moins à nous anéantir, comme il est son objectif. Au contraire, dans cette dernière étape on produit une augmentation de notre action militaire visée surtout frapper les hautes cadres de l'Armée. Ces actions (qui se sont payées la vie de deux géneraux) avaient le but principal d'obliger l'oligarchie et son Etat à se décanter autour des propositions du "Programme des Cinq Points" faites auparavant par le mouvement, et elles furent, unies aux actions d'ETA et à la lutte des masses secouant le pays partout contre la reconversion et le reste, celles qui finirent d'acculer le gouvernement de Suárez, provoquèrent sa dimission, la "vacance du pouvoir" et la tentative de coup d'Etat du 23 février.

Pendent ce temps, on peut dire que non seulement ils ne nous ont pas mis en déroute mais nous avons souvent réussi a leur arracher l'initiative et à approfondir bien plus leur crise. L'impossibilité de nous détruire et leur incapacité pour contenir le mouvement de masses ascendant, ont enfoncé le régime dans un situation de faiblesse bien plus grande que la nôtre. Nous leur avons aussi gagné une importante bataille de caractère stratégique: d '"obscurs" nous sommes devenus "illuminés GRAPO". Il était évident que la première campagne de la guerre psycologique l'avions gagnée. L'hubard et le mensonge ne peuvent pas se maintenir longtemps. La volonté, l'unité et la fermeté démontrée par nos camarades emprisonnés y avaient contribué de façon décissive.

9. Il n'y a pas de treve

Notre Organisation ne s'est jamais niée à maintenir une trève permettant d'aborder la solution pacifique de quelques problèmes. De fait, pendent une période, la faiblesse du gouvernement de Suárez et la profonde crise qu'il subissait, nous fit voir la possibilité d'atteindre quelque type d'accord. De nombreux secteurs du régime, et particulièrement l'Armée, s'y opposaient. C'est pourquoi les contacts maintenus ne furent, de leur part, que de simples sondages. Ils éspéraient que nous allions réduire nos exigences politiques, mais sans fermer définitivement les portes. Les hauts dignataires de l'Etat avaient déjà constaté notre capacité de résistance; ils savaient qu'ils n'allaient pas pouvoir nous vaincre et bien moins nous soumettre. D'autre part, il était aussi évident pour eux qu'atteindre la trève dont ils avaient besoin pour sortir de l'impasse, allait leur coûter un haut prix, bien plus si l'on considère que notre Organisation n'allait pas renoncer à aucun de sus projets et objectifs révolutionnaires.

Tout le plus qu'ils pouvaient remporter, c'était un petit répit dans la crise qu'ils subissaient. En échange de leur accorder ce répit, notre Organisation et l'ensemble du mouvement de resistance pouvaient profiter la trève pour augmenter leurs forces et les disposer mieux afin de recommencer le combat quand le gouvernement rompt les termes, et nous assurions qu'il ne devrait se passer sans y mettre longtemps. Nous croyons que cette perspective était aussi claire pour eux, pour ce qu'ils décidèrent de faire traîner l'affaire en longeur. Il fut après, avec la "victoire" felipiste (7) aux éléctions d'octobre 1982, quand il fut évident pour nous dès le premier moment, que la réaction espagnole n'allait pas laisser utiliser les dix célèbres millions de voix pour se refaire de ses défaites politiques et militaires et pour recommencer à nouveau sa croisade contre le mouvement de résistance populaire.

La premier décision prise par les felipistes, à peine arrivés au pouvoir, fut celle d'ordonner l'assassinat du dirigeant de notre Organisation, Juan Martín Luna, et cela bien que comme chacun sait, les GRAPO eussent déclaré une trève unilatérale afin de leur faciliter l'application du programme de "changement" qu'ils avaient promis. Dès le début il était donc prouvé comment serait leur politique (la même que les putschistes (8) leur avaient dicté), et les illusions étaient donc hors de propos. Avec la même "décision", les felipistes se hâtèrent à accomplir les projets de reconversion, l'entrée d'Espagne dans l'OTAN, l'élargissement de la loi anti-terroriste et l'augmentation des fonds de l'Etat reservés à la guerre sale. Toute cette politique antipopulaire devrait trouver très tôt une résistance croissante autant de la part des organisations révolutionnaires que du mouvement des masses, en particulier de la clase ouvrière, ne mettant pas longtemps à se rendre compte de la duperie et de l'escroquerie dont elle avait été objet de la part des socialistes.

Quant a la activité de notre Organisation, cette étape commençant avec l'assassinat de Martín Luna et le régne de la terreur des felipistes, a été postérieurement qualifié par nous comme l'etape "militariste" et comme de bien entendu, elle entraîne trés mauvaises conséquences. L'affaiblissement constant de l'influence du Parti (motivé par les arrestations continuelles et les assassinats de ses militants), et l'incorporation de militants nouveaux arrivant depourvus d'expérience et avec une formation politique tout juste, préparèrent le terrain pour couver dans nos rangs des habitudes et des idées propes de l'activisme anarchique qui, même si elles ne refussaient pas formellement la direction politique et idéologique du Parti, elles donnaient lieu pour passer outre de ses propositions et recommandations dans la pratique.

Dès sa naissance même, les GRAPO n'avaient jamais mis en question le rôle dirigeant du PCE(r) sur l'ensemble du mouvement ouvrier et populaire. En ce qui concerne à notre Organisation, nous comprîmes que, notre caractère hétérogène, notre manque de profits idéologiques définis et notre but fondamentalement militaire, nous serions vite isolés des masses et nous nous désorienterions facilement, si nous manquions de cette direction et des apports que seul le Parti prolétarien peut nous offrir.

La conception militariste se fonde exactement sur la prétention de supplanter le parti dans la fonction d'organiser et de diriger le mouvement de résistance populaire. Même si, comme nous disons, on dissimulait cette tendance sous une "reconnaissance" formelle de cette fonction du Parti, dans la pratique on arriva à la supprimer complètement. La direction des GRAPO de ce temps-là finit par mépriser tout le travail politique et exerça des pressions sur les militants ouvriers n'acceptant pas se soumettre à son activisme aveugle et bien moins laisser passer comme justes ses conceptions erronées.

Le militarisme ne se manifeste pas nécessairement par une plus grande ou plus petite activité armée, mais par un manque presque absolu d'énoncés et de buts politiques dans ses actions. Même s'il est certain que, dans cette étape se menerent de nombreuses actions, la plupart de celles-ci s'accomplirent pour couvrir les besoins de l'Organisation même.

Par rapport au fonctionnement, toutes les règles furent transpercées: en avait cassé l'étancheité et la spécialisation. Au sein de l'Organisation, tous ces membres avaient décidé qu'on devait "savoir faire un peu de tout". Ils n'avaient aucun plan concret d'activités et tout ce qu'on faisait, c'etait improvisé. Les liens organiques entre les militants n'éxistaient pas non plus; ils avaient été remplacés soit par "l'ordonnance et commandement", soit par les relations de copains et de compères.

Le mal été arrivé si loin, tel était l'esprit de groupe et l'aveuglement prédominant dans la Direction, qu'il était stèril toute discussion orienté à corriger les erreurs ou à atteindre quelques accords, du moment que les accords ne se respectaient pas après.

De cette façon, les "militaristes" (en realité semi-anarchistes) non seulement ne firent pas disparaître l'influence du Parti mais, avec leur attitude et leur entêtement, posaient l'Organisation même en situation d'être anèantis. Il arriva ainsi. Il suffit à la police de faire infiltrer un élement provocateur pour, avec le seul fil que celui-ci lui procura, arrêter dix-neuf militants en seulement deux jours.

Les consequences du "militarisme" au cadre organique et pratique furent désastreuses. Mais elles seraient bien pires dans les aspects politiques et idéologiques. La lueur de ces conceptions y dominerait encore quelques temps, se manifestant maintes et maintes fois dans les attitudes et les déclarations, ainsi que dans la préparation et le déroulement de quelques opératifs. Combattre ces conceptions au sein de l'Organisation a été l'une de nos préocupations fondamentales. Mais comme nous avons dit, le mal avait fini et laissa inevitablement ses séquelles. De toute façon, celle-ci a été une des plus importants expériences que nous avons eu pendant longtemps; nous en avons appris et cet enseignement nous permettra de nous prémunir et de nous guérir bientôt des mêmes erreurs ou d'autres pareilles qu'on peut commettre à l'avenir.

[continua]


Notes:

(1) Cette appendice n'a été pas traduit au fraçais pour le moment [N. du T.].

(2) Le Parti Comuniste d'Espagne (reconstitué) nacquit à 1968 (sous le nomme d'Organisation des Marxistes-Leninistes d'Espagne) pour défendre le marxisme-leninisme contre les revisionistes et carrillistes que avaient trahi et aprés détrui le PCE et le mouvement comuniste international [N. du T.].

(3) Juan García Martín: L'Histoire du PCE(r) et des GRAPO, Editorial Contracanto, Madrid, 1984.

(4) La réforme, dit "démocratique", commença après la mort de Franco à décembre 1975 et l'arrivé de Adolfo Suárez au gouvernement à juillet 1976 [N. du T.].

(5) Les révisionistes espagnols qui suivaient Santiago Carrillo [N. du T.].

(6) Ça veut dire, le gouvernement de Adolfo Suárez (Union du Centre Démocratique) de 1976 jusqu'à 1981 [N. du T.].

(7) Ça veut dire, du parti social-democrate, dirigé par Felipe González.

(8) Les gardes civils et militaires qui essaiont le coup d'Etat à fevrièr 1981 jusqu'à la démission de Suárez et le nouveau gouvernement de l'Union du centre Démocratique.