Une nouvelle raclée policière sur un communiste et républicain espagnol

Le "vichysme" récupère ses meilleures traditions nazies

Marcos Regueira Fernández Cette fois a été Marcos Regueira Fernández le militant du PCE(r) agressé. Cette fois a été dans les cachots du Palais. C’est arrivé le 18 novembre. C’est arrivé aprés comparaître les uns devant le juge des Libertés, les autres devant le juge Bruguière. Cette fois, c’est arrivé quelques moments avant d’être retournés à la prison. Cette fois, ils ne voulaient pas que la raclée était connue. Pour l’étouffer, comme ils font avec nous dans le régime d’isolement complet où ils nous maintiennent.

La raclée a été brutale. Ils l’ont frappé, ils l’ont piétiné tout le corps. Ils l’ont crevé un oeil et on ne sait pas si aussi quelques côtés. Pour en fair, ils l’ont planté bien fort les menottes aux poignets, les mains au dos, pour lui entraîner au fourgon tandis que avec tout le cinisme cruel des tortionnaires de tous les confins, ils lui disaient: "c’est bien, monsieur, c’est bien?".

Cette fois, la brutale raclée a été menée en masse par un groupe de quatre ou cinq gendarmes, et en présence des surveillants pénitentiaires qui gèrent les cachots du Palais et qui n’ont rien fait pour l’empecher. Bien au contraire, ils les ont encouragés de plus leur lâcheté. Même, un de ces surveillants-là a arrêté quelques-uns autres qui y allaient devant les cris et sans rien savoir sur ce qu’on arrivait, en leur disant: "C’est tout bien, c’est tout bien. Il ne faut pas y aller. Ce sont les flics qui sont à dresser un communiste espagnol de merde!".

Cette fois Fernando Hierro Chom6n et Joaquin Garrido Gonzalez étaient témoins de leur misérable lâcheté. Donc, rien ne les a importés. Ils se sentaient sûrs, protegés. Dès les cachots où ils étaient enfermés, ils ont crié, ils ont frappé les barreaux; impuissants, ils ont vu la raclée de notre camarade. C’etait Marcos qui l’a reçu, mais c’était une raclée pour tous, pour toutes. À la personne de Marcos, ils voulaient nous terroriser tous nous.

Les auteurs de cette brutalité répressive lâche ont été les mêmes qu’il y a quelques semaines rouaient Jose Luis Elipe Lopez, un autre militant du PCE(r) et, deux jours aprés cela, Fernando Silva Sande, un antifasciste des GRAPO: les gendarmes. Pour tous nous, cependant, c’est clair qu’il ne s’agit pas de quelques flics exaltés et conduits pas un accés anticommuniste. Ils sont déjà beaucoup d’accés, beaucoup d’éxaltés. Il ne faut pas se tromper!

II ne reste déjà aucune doute: cette escalade criminelle est fort bien calculée, et les gendarmes ne sont que le bras exécuteur. Pour nous, il faut le dire, derrière tous ces actes de barbarie répressive se devine la longue main noire du tout-paissant juge fasciste Jean-Louis Bruguière.

Cette fois nous pourrions dire, sans rien nous tromper, que c’était directement Jean-Louis Bruguière qui, dès son bureau, a écrit personnellement le plan de tout ce qu’est arrivé après, dans les cachots. Comme Fernando Hierro s’est nié répondre ses questions retorses et manichéennes, le juge a monté en colère, il lui a insulté et menacé; après tout cela, il a exigé les gendarmes qu’ils devraient nous traiter avec le maximum rigueur, à la dure, en affirmant que nous étions des terroristes très dangereux d’idéologie marxiste-léniniste.

Voilà! Le juge menace, les flics frappent; le juge ordonne, les flics exécutent. C’est la réalité! C’est qui arrive au Palais chaque fois si souvent! Et ce n’est pas par hassard! C’est planifié!

Le juge Bruguière, d’idéologie vichyste manifeste, est tombé sur son propre piège. Après les plus de deux années d’instruction contre notre Secrétaire Général, Manuel Perez Martinez et les autres camarades du PCE(r) mis en accusation avec lui, il a pu vérifier largement, à travers les plusieurs interrogatoires et les expertises réalisées, la fausseté absolue des accusations par lesquelles, et à la demande de la garde civil espagnole, ils ont été arrétés.

Il est aussi tombé à l’eau sa tentative de justifier de quelque façon ces deux années-ci d’emprisonnement et leur prolongement avec des nouvelles arrestations de militants du PCE(r). Il n’a trouvé non plus dans ce cas les preuves souhaitées: il n’y avait non plus d’armes; il n’y avait non plus d’explossifs; il n’y avait... Il n’y avait non plus rien parce qu’on ne peut pas avoir ce que n’existe pas. En fait, il n’a pas pu unir tous les deux affaires comme il tentait de faire. Au contraire, il n’a réussi qu’ajouter une nouvelle procédure sans aucune preuve, des nouvelles actes arbitraires procéduraux, des nouveaux emprisonnements sans aucune justification... au point que, par exemple, dans les cas de Joaquin Garrido Gonzalez et Josefina Garcia Aramburu, au moment d’être arrétés, même n’avait aucune accusation contre eux, aucun mandat d’arrêt international, rien.

A ce point arrivé, le juge Bruguière ne peut pas revenir sur les châteaux en Espagne procéduraux qu’il a levé sans qu’ils y s’écroulent. C’est pour cela qu’une autre fois il a choisi par une fuite en avant et a ordonné l’accroissement de notre isolement et interdiction pénitentiaires, au point de décréter que l’interdiction serait aussi parmi les camarades mise en accusation dans l’une et l’autre procédure; c’est la première fois qu’on fait un chose comme cela dans l’histoire judiciaire française; c’est pour cela aussi qu’il dresse maintenant les gendarmes contre nous. Le tout-puissant juge Bruguière semble avoir décidé que tout est valable -les pressions, les chantages, les raclées, les insultes, les menaces- pourvu qu’on casse notre résistance et ainsi exécuter la condamnation qu’il a déjà dictée dans sa tête, celle que la garde civil et le gouvernement espagnol lui exigent.

Face cette monumentale canaillerie, seulement concevable dès les positions politiques du vichysme, nous les communistes et républicains espagnols n’allons pas rester les bras croissés. Nous allons le dénoncer pour tous les moyens possibles. Mais notre plainte et notre lutte ne seront presque rien sans votre plainte et votre lutte dans la rue, sans votre solidarité et votre movilisation. Il faut soutenir les prisonniers politiques. Il faut faire arriver nos voix tous les endroits possibles et étendre la solidarité. Il faut nous écrire, demander l’autorisation pour communiquer avec nous... casser notre isolement. Seulement parmi l’unité de notre lutte et la votre dans la rue, nous pourrons arrêter les fascistes espagnoles et les collaborationnistes français.

Joaquin Garrido Gonzalez et Josefina Garcia Aramburu
Prisonniers Politiques du PCE(r)
Frèsnes, le 9 décembre 2002