Extrait du rapport du camarade Arenas,
Secrétaire général du PCE(r),
lors de la réunion du Comité central
janvier 2000

Antorcha, nº 7, février 2000

[...] Il faut aussi tenir compte de ces secteurs qui sont victimes sous certaines formes et à divers degrés de l’oppression et des violences du capital et de son Etat. Nous devons nous unir avec eux et leur prêter appui. Cependant il ne faut pas trop espérer de ces secteurs dont les intérêts diffèrent en grande partie de ceux de la classe ouvrière. Bien que parfois ils se montrent très radicaux dans leurs luttes et leurs exigences face à la grande bourgeoisie monopolistique et à l’Etat, ils ne se proposeront jamais d’en finir avec le système, mais, dans tous les cas de le réformer, d’obtenir quelques revendications de type démocratique. De là leur tendance au compromis, leurs continuelles oscillations à droite et à gauche, leur crainte à l’égard de la classe ouvrière et leur tentatives de la mettre sous tutelle, de la soumettre et de l’amener sur leur propre terrain, ce qui se traduit souvent par une attitude hésitante et même une collaboration ouverte avec les exploiteurs. Cette tendance ne pourra être évitée parce qu’elle est inhérente à la nature petite-bourgeoise de tous ces secteurs qui veulent conserver le capitalisme mais, comme le disait Marx, sans les conséquences qui en dérivent inévitablement. C’est pourquoi en même temps que nous leur tendons la main et les appuyons dans leur justes demandes, nous devons garder toujours une attitude vigilante à leur égard et critiquer leurs hésitations et leurs inconséquences. Il faut toujours avoir à l’esprit que l’unité effective avec ces secteurs ne sera possible que sur la base d’une organisation ouvrière puissante qui agisse de manière indépendante, en suivant une ligne véritablement révolutionnaire et qui de ce fait, ne cache pas ou ne tente pas de cacher les différences idéologiques et politiques et les intérêts en jeu.

Notre politique, à l’égard des secteurs non prolétariens de la population, y compris les nationalistes, pour radicaux qu’ils se montrent à un moment donné, doit inclure tant l’unité que la lutte. Les deux aspects ne doivent jamais être séparés car ils répondent à la position qu’occupe chaque classe dans la société, à ses intérêts distincts, Il est exclu par principe, que nous puissions établir aucun type d’accord avec la bourgeoisie parce que c’est notre ennemi principal. La contradiction de la classe ouvrière et de la bourgeoisie a un caractère antagoniste, irréconciliable et ne pourra être résolue que par la révolution socialiste. Mais avec les autres secteurs petits-bourgeois, auxquels nous nous sommes référés, quelques accords et une action commune sont possibles surtout pour lutter contre le régime fasciste et l’impérialisme. C’est pour cette raison que nous leur prêtons appui et que nous continuerons à les appuyer, bien qu’ils continuent à se comporter de la manière que nous connaissons. De toute manière cet appui affaiblit l’oligarchie et favorise la cause démocratique et socialiste. C’est le moyen de profiter des contradictions qui opposent ses secteurs à l’oligarchie financière. Cependant cela ne doit pas nous faire perdre de vue qu’entre ces secteurs petits-bourgeois et la classe ouvrière existent aussi des contradiction et des différences d’intérêts. De là la lutte inévitable que nous devons maintenir contre eux. Si nous ne le faisions pas ils parviendraient à entraîner la classe ouvrière, ils la neutraliseraient ou finiraient par la convertir ou en appendice de leur politique réformiste; de cette manière le prolétariat ne pourrait pas jouer son rôle hégémonique de classe dirigeante, et la révolution socialiste échouerait. Pour tous ces motifs nous devons préserver, à tout moment, l’indépendance politique de la classe ouvrière et pratiquer la lutte idéologique au sein du mouvement populaire.