Fortifier l’Organisation et le travail politique clandestin

Extrait de «Maintenir la voie tracée»

Rapport politique présenté par le camarade M.P.M. (Arenas) au IVe Congrès du parti en septembre 1998

Resistencia n°52, novembre 2000

Dans le cadre politique que j’ai décrit tout ce qui est en rapport avec l’organisation clandestine et le travail politique illégal est devenu d’actualité. C’est une question qui revêt la plus grande importance pour nous et à laquelle nous avons toujours prêté l’attention maximum. Ce n’est pas un hasard si, durant les «négociations» avec les émissaires de l’état, ceux-ci ont mis principalement l’accent sur ce point. Ils prétendaient, évidemment, «nous légaliser», nous réinsérer dans le système, nous faire respecter leur Constitution et de cette manière nous liquider comme Organisation communiste, ce qu’ils n’avaient pu obtenir en plus de 25 ans de répression bestiale contre nous.

Eh bien, la réponse que nous avons fait à ces propositions ne pouvait être plus claire et sans ambages: les militants du PCE(r) ne cherchent pas à se réinsérer mais font tout leur possible pour fortifier l’organisation clandestine et le travail politique illégal. C’est une position invariable, de principe, de notre parti, nous devons la maintenir car d’elle dépend et dépendra, tant que subsiste l’état capitaliste, la réalisation de nos objectifs révolutionnaires. Cela suppose aussi logiquement, tant que nous ne pouvons imposer notre propre légalité révolutionnaire, de profiter de toute possibilité ou occasion de travailler dans la légalité du système. Il est vrai que nous ne pouvons nous faire aucune illusion sur ces possibilités; nous devons en outre rester vigilants face à la répression et aux infiltrations qui, la plupart du temps, se produisent dans ces occasions (...)

Le fait, que, depuis quelque temps «le fléau» de la répression se soit étendu à d’amples secteurs de la population, spécialement aux collectifs de jeunes qui ne supportent pas le système et ont décidé de s’organiser pour lutter contre lui, démontre que maintenant nous ne sommes pas si seuls dans la lutte, démontre qu’est passé le temps où le régime pouvait mener impunément une répression «sélective» centrée principalement sur les indépendantistes basques et les militants de notre parti et des GRAPO. C’est l’extension de la lutte contre l’état fasciste qui a obligé celui-ci à étendre la répression contre le mouvement populaire. Le fait qu’ils aient «plongé» la législation spéciale dans les codes ordinaires est une démonstration de cette escalade répressive. Cela légalise les méthodes de la sale guerre et du terrorisme d’état afin qu’elles soient appliquées sans obstacle à toute la population.

Les militants du parti et autres activistes, qui réalisent un travail de dénonciation et de propagande contre le système et s’efforcent en même temps d’organiser la lutte des travailleurs dans le cadre très étroit que nous impose la légalité bourgeoise, doivent être pleinement conscients d’être exposés à un contrôle et une gène permanents, et que si la police ou la Garde civile ne les arrête pas, et ne les emprisonne pas ce n’est pas par respect scrupuleux de la loi mais pour essayer de les utiliser dans leur tentatives d’arriver à l’appareil clandestin du parti (...) Cela veut-il dire qu’il ne t’arrêteront jamais? Pas du tout. Ils le feront sous n’importe quel prétexte, ou sans aucun, quand cela leur conviendra, pour te terroriser, toi et ceux qui t’entourent, ou en tout cas pour t’empêcher de mener à bien un travail politique large et organisé, ou, pour te conduire à te désintéresser de tout, à te laisser humilier et accepter d’être traité en esclave. Ainsi donc, si tu veux faire quelque chose de sérieux tu devras tôt ou tard franchir le pas de la clandestinité. Cette décision ne peut-être prise uniquement sous la pression des agents de police; ce doit être un évènement préparé avec une anticipation suffisante, de manière que tu gardes tous tes contacts, que tu crées une base d’appui pouvant te servir à l’avenir.

Nous devons admettre que même ainsi, ils ne nous est simple en rien de réaliser un travail politique ample de propagande et d’organisation chez les travailleurs. Cela résulte uniquement des obstacles, poursuites, arrestations, menaces, chantages que nous avons à affronter tous les jours (...)

Cela nous l’obtiendrons par l’organisation, le travail politique sérieux, ordonné, assidu, planifié, un travail qui prenne en compte non seulement les besoins et intérêts immédiats, mais encore et surtout les intérêts fondamentaux et les objectifs ultimes du mouvement.

Si nous agissons de cette manière nous ne pourrons assurément empêcher le sale travail de la police, car elle est là pour cela et c’est pour cela qu’ils la payent, mais nous pourrons limiter le mal qu’ils peuvent causer et même nous retourner contre eux avant qu’il ne se passe beaucoup de temps.

La police, nous le répétons, n’est pas toute puissante, et l’expérience de plus de 25 ans de lutte de notre mouvement l’a démontré. Il est clair que cela n’eut pas été possible sans l’existence de l’organisation clandestine du parti. Pour tromper les enquêtes policières il faut une véritable organisation révolutionnaire formée d’authentiques professionnels, bien préparés théoriquement et pratiquement et qui sachent réaliser leur travail. C’est à dire qu’il faut une organisation guidée par une théorie révolutionnaire et poursuivant des objectifs politiques de classe. Naturellement cette organisation ne pourra se fortifier et développer son activité que dans la clandestinité et en étroite relation avec les masses, ce qui exige, en outre, d’appliquer des méthodes précises de fonctionnement et des normes de sécurité qui lui permettent de se défendre contre les coups de la réaction et de préserver en même temps son travail. C’est de cela qu’il s’agit, de poursuivre ce travail en lui incorporant tous ceux qui sont vraiment disposés à le faire.