Trotskistes et saboteurs

Les dirigeants des CARC trahissent la tâche de reconstituer le Parti communiste italien

L. Carmona
Resistencia, nº 54, avril 2001

Depuis quelques années notre parti prêtait une attention spéciale au mouvement des Comités d’appui à la résistance pour le communisme (CARC) qui regroupait quelques personnes et organisations qui en Italie se fixaient pour but la reconstruction du Parti communiste. Eh bien, finalement, ses dirigeants, en particulier ceux de la dite Commission préparatoire du Congrès de fondation du "(nouveau) parti communiste italien" se sont révélés être des trotskistes cachés, des saboteurs, des canailles intrigantes.

Si nous devions signaler le problème principal qu’a, aujourd’hui, le mouvement communiste européen, nous dirions que c’est le manque d’avant-gardes communistes capables d’orienter et de diriger le mouvement ouvrier dans les différents pays. C’est la raison principale pour laquelle notre parti est très attentif lorsque, dans ces pays, apparaissent des groupes de communistes se proposant de reconstruire un parti communiste, et qu’il leur prête tout type d’appui, dans la mesure de nos modestes possibilités.

Cependant il ne faut pas s’étonner que, vu l’état de confusion idéologique où se trouve aujourd’hui le mouvement communiste international, apparaissent -même parfois à l’initiative de la police politique- des "pécheurs en eau trouble" qui profitent de notre bonne foi et de celle d’honnêtes communistes pour faire une carrière personnelle ou entraîner un mouvement encore dans les langes sur la voie de la déroute et de la liquidation. À cet égard l’expérience que nous avons vécue avec les bandits embusqués sous le sigle de CARC mérite d’être pris en compte. À nous autres "vieux routiers" de ce genre d’avatars, leurs manœuvres troubles n’ont pu causer aucun dommage. Ils avaient déjà tenté de semer la confusion en appuyant le "furoncle factieux" qui prétendait se glisser en fraude sous le sigle de note parti; et ayant échoué, ils cherchent maintenant à diriger leurs intrigues contre les militants de notre parti vivant en Italie, des militants qui, si on en doutait, ont tout notre appui dans leur action rapide et énergique contre les néo-trotskistes de la "Commission préparatoire".

Mais ces saboteurs ont surtout nui aux communistes italiens qui étaient véritablement intéressés à la reconstruction du Parti et dont tous les efforts de ces années débouchent sur la tentative de former un "groupe parlementaire" qui appuie "la reconstruction" du parti au moyen de.... "i soldi dello stipendio"; c’est à dire clairement que ceux de la "Commission préparatoire" veulent vivre des subsides de l’Etat. Malgré ce fiasco nous continuons à penser que l’expérience de ces années, marquée par le mouvement des CARC en Italie, mérite la peine d’être prise en compte, spécialement par les communistes italiens, et qu’ils sauront en tirer l’élément positif et voir à quel point et à quel moment elle a commencé à dégénérer en un mouvement néo-trotskiste par la faute d’un groupe d’escrocs politiques.

Le mouvement des CARC

Au milieu des années 80, en Italie, un groupe d’intellectuels italiens, réunis autour de la revue milanaise Rapporti Sociali, avait réalisé un intéressant travail d’analyse des expériences du mouvement communiste italien et international au cours des dernières décades. Très rapidement il y eut entre notre parti et la rédaction de Rapporti un échange de correspondance qui ensuite donna lieu à la publication mutuelle de documents.

Nous étions déjà conscients des différences, idéologiques qu’il y avait entre nous et nous ne les avons jamais cachées. Nous disions dans la présentations de la brochure "Textes pour un débat II": "Quelques points de vue des écrits assemblés coïncident avec ceux que font les communistes espagnols [...] D’autres, au contraire, sont divergents comme pour la définition de la crise économique actuelle ou pour la thèse des deux voies de sortie de la crise dans les pays où la bourgeoisie et l’impérialisme prétendent restaurer le capitalisme. De toute manière nous n’allons pas exposer ici nos positions; puisque le débat est nécessaire il y aura des occasions de revenir sur ces question et sur bien d’autres." Les fruits de ce débat furent , par exemple, les travaux de note parti sur la crise économique surtout la brochure intitulée "Fusion du capital à un niveau supérieur". Pendant ce temps la nécessité de reconstruire le Parti communiste italien était comprise par de plus en plus de personnes et d’organisations communistes parce que la crise politique de l’Etat monopoliste, surgie après la Seconde Guerre mondiale, se développait et que les éléments les plus avancés du mouvement ouvrier et populaire tiraient des conclusions de la trahison révisionniste de Berlinguer et compagnie et de l’impasse où le militarisme des Brigades rouges les avait conduits. Au milieu des années 90 apparut le mouvement des CARC qui s’étendit rapidement aux principales villes italiennes et parvint à se mettre à la tête de quelques luttes de type revendicatif, comme les chômeurs de Naples, et politique, comme l’appui aux prisonniers politiques et contre l’intervention italienne dans les Balkans.

Ce mouvement paraissait très confus idéologiquement et faiblement organisé; la défense d’un "maoïsme" schématique et la nécessité d’un parti est tout ce qui les unit. De ce fait notre intérêt fut de les aider à dépasser ce marasme idéologique et pratique et à affronter la tâche de reconstruire le Parti sur un minimum de base idéologique cohérente en commençant à fonctionner sur la base du centralisme démocratique. C’est l’époque où sont parus dans Antorcha les articles d’Arenas: "Ligne de masses et théorie marxiste de la connaissance", "L’universel et le particulier" et "Le problème de l’identité".

En suivant le fil de ces articles nous pensions que l’obstination de Rapporti Sociali à soutenir un prétendu "maoïsme" comme une nouvelle phase supérieure ou de dépassement du marxisme-léninisme, comme dans le même sens, sa vision particulière de la "ligne des masses", pragmatique à outrance, entraîneraient un ensemble de sottises qui finiraient dans le plus pur spontanéisme "de masse" et dans le marais de la conciliation avec l’ennemi bourgeois. Face à ces positions nous continuâmes à penser, comme le disait l’article "Le tronc, les branches et les feuilles" publié dans le n° 5 d’Antorcha (juin 1999): "Aujourd’hui comme hier, ne peut-être considéré comme communiste qui n’est pas marxiste-léniniste. Cela ne nous empêche pas, naturellement, d’être en même temps maoïstes. Nous ne pouvons pas faire table rase des principes du marxisme-léninisme, ou les situer au deuxième ou troisième plan en les rejetant comme des choses du passé maintenant "dépassées" par l’histoire et les expériences pratiques du mouvement, car, sans ces principes, tout ce qui peut être dit, y compris sur le maoïsme, deviendra un succédané, une théorie sans fondements solides, un pur bavardage." Eh bien, pendant ce temps, les intéressés ne se considéraient pas comme informés de ces critiques, et les discussions se terminaient par les protestations connues contre les "dogmati-ques" ou les "mauvaises manières", une chanson qu’ont entonné dernièrement les "factieux" expulsés de notre parti.

Les opportunistes quittent le masque

À la fin des années 90 les CARC firent une série de pas qui paraissaient conduire le mouvement à la formation d’un véritable parti, en constituant dans la clandestinité ce qui s’appela la "Commission préparatoire du Congrès de fondation du (Nouveau) Parti communiste italien", et en commençant à éditer la revue La Voce. Bien que nous ayons appuyé cette initiative les efforts faits de notre part pour favoriser un rapprochement idéologique échouèrent à nouveau. Quelque chose "sentait le pourri" dans cette obstination à fuir le plus élémentaire débat et, à poursuivre ainsi, tôt ou tard les différences allaient se convertir en un véritable obstacle à l’approfondissement de nos relations.

Effectivement les derniers mois ont été pleins de "différents" qui peuvent se résumer en une série de propositions absurdes de La Voce (comme de leur monter des "bureaux" pour "impulser la reconstruction du Parti" en Allemagne ou en France) et en une tentative de notre part de nous mettre à discuter sérieusement. Avant même que soit confirmé l’appui ouvert de la Commission préparatoire aux bandits de "la fraction", nous avions déjà coupe de fait les relations avec eux, pendant qu’au moins la pratique les rendrait plus capables. Ce fut tout le contraire, peu après avoir "marché seuls" ils ont révélé la vraie face de droite qui se cachait derrière leur prétendu "maoïsme". Leur appel dans La Voce à "Constituer le Front pour la reconstruction du Parti communiste qui participe aux prochaines élections politiques" fut du plus pur style trotskiste; ils se présentent comme les plus gauchistes pour finalement tenter de pousser le mouvement à devenir un appendice de la politique bourgeoise.

Enfin les opportunistes ont montré le bout de l’oreille! Ce qui vient d’être démontré est que jamais ils n’ont eu l’intention de reconstruire un parti marxiste-léniniste mais d’embarquer les gens honnêtes du mouvement, en les trompant, pour monter une boite réformiste à la mesure de leurs ambitions qui sont de se trouver une place à l’intérieur du système. En réalité ceux de la Commission préparatoire sont des saboteurs de la reconstruction du Parti communiste italien et ils doivent être traités comme tels.

Maintenant nous comprenons pourquoi pendant tout le temps de nos relations ils "n’apprenaient" rien: ceux de La Voce n’étaient intéressés que par le prestige de notre parti, pour croître sous notre ombre. Ils ont également utilisé, et continuent aujourd’hui encore d’utiliser, la défense supposée de nos emprisonnés comme "carte de visite" pour "coller à nous" (ce que les trotskistes appellent "l’entrisme") et continuer à manœuvrer dans le mouvement révolutionnaire en Italie et dans les organisations de solidarité européennes. Eh bien, leur masque est tombé, la nature de rufians de la politique de la Commission préparatoire, des CARC et de l’Association solidarité prolétarienne (ASP) doit être claire pour tout le monde. S’il reste encore ici quelqu’un qui soit "centriste", ou qui considère que le rupture entre le PCE(r) et les CARC est la seule affaire des deux organisations et prétendre être avec les uns et les autres, il sera en réalité d’accord avec leurs manœuvres et méritera tout notre mépris. Il faut dénoncer clairement ces gens comme trotskistes et saboteurs! Il faut les isoler complètement! C’est la meilleure aide que nous puissions prêter en ce moment à la reconstruction du Parti communiste italien.