Nous avons besoin d’un nouveau Secours Rouge International !
Appel du Comité Central du PCE(r)
Resistencia, nº 55, septembre 2001

En Turquie l’armée donne l’assaut aux prisons, brûlant vifs ou tirant sur plus de 30 prisonniers politiques; des dizaines d’entre eux et leurs familles sont déjà morts au cours d’une très longue grève de la faim pour protester contre l’action sauvage et criminelle du régime fasciste turc. En Espagne des centaines de prisonniers politiques sont dispersés et isolés, et en Euskal Herria se pratique un état d’exception à peine masqué. La France remplit ses prisons de communistes et de révolutionnaires de toutes les parties du monde; l’arrestation et l’emprisonnement de notre Secrétaire général, Manuel Pérez Martínez "Arenas", et d’autres militants de notre Parti et des organisations de guérilla GRAPO et ETA, nous rappelle la collaboration du régime de Vichy avec les occupants nazis. Le parlement de l’Union européenne approuve continuellement de nouvelles et plus larges lois de répression politique, renforce les appareils policiers et judiciaires à compétence élargie à tout le territoire européen.

Comme dans les temps qui précédèrent la Seconde Guerre mondiale, quand la crise économique les tenaillait et qu’ils devaient lafaire supporter à leurs propres travailleurs, les Etats capitalistes ont besoin d’écraser le mouvement ouvrier et populaire et ses organisations d’avant-garde; un mouvement qui recommence à bourgeonner et cherche à s’organiser pour faire face à l’assaut du capitalisme en crise contre ses droits politiques et le droit du travail. Aujourd’hui comme hier, les impérialistes, toujours plus concentrés sur leurs querelles pour un nouveau partage du monde serrent les rangs et s’entraident dans la lutte contre les communistes et les révolutionnaires; en même temps ils "balayent" leur propre maison pour se lancer dans la grande boucherie.

Quand la répression traverse les frontières et se convertit en axe de la politique des Etats capitalistes, les communistes, les révolutionnaires, les anti-impérialistes et antifascistes du monde entier nous devons aussi nous organiser à l’échelle internationale pour y faire front. En nous basant sur l’expérience de la IIIe Internationale, le PCE(r) propose la création d’un nouveau Secours rouge international capable de dénoncer et de s’opposer à d’aussi vastes plans répressifs en organisant la solidarité avec la Résistance au fascisme et à l’impérialisme: Un Secours rouge lié étroitement au mouvement révolutionnaire de la classe ouvrière et inscrit dans un mouvement général de lutte pour la défense et la récupération des tous les droits et libertés démocratiques.

Cette proposition du PCE(r) a ses racines dans l’histoire du mouvement communiste et antifasciste international. Né au début des années 20, à l’initiative de l’Internationale communiste, le Secours rouge international atteignit un grand développement dans les principaux pays du monde, excellent dans l’appui politique, juridique et économique à toutes les victimes de la répression. En Espagne il joua un rôle fondamental sur ce terrain après l’insurrection des Asturies de 1934, pendant et après la guerre de résistance antifasciste de 36-39. Dans les années 70 le Secours rouge réapparut dans notre pays en liaison avec le processus de reconstruction du Parti; il édita son propre bulletin Solidarité et compta parmi ses collaborateurs des acteurs médecins et infirmières, avocats et beaucoup d’autres intellectuels et artistes, en plus des parents et amis des victimes de la répression. Comme d’autres organisations antifascistes le Secours subit une dure répression pendant la transition "démocratique".

Aujourd’hui remettre sur pied cette organisation anti-répressive de solidarité internationaliste devient une nécessité urgente qui n’est pas ressentie seulement dans notre pays.

En sont la preuve les tentatives de diverses organisations, comme la TAYAD turque, le Collectif pour un Secours rouge en France, ou nos propres AFAPP, pour coordonner la solidarité internationale avec les prisonniers et victimes politiques et organiser des actions conjointes. Le Premier Mai à Paris a été un magnifique exemple de cette collaboration.

Dans ce contexte d’internationalisation progressive de la résistance et de la solidarité le PCE(r) a impulsé l’édition de la revue Solidarité. À notre avis cette publication devrait être une plate-forme publique de dénonciation et d’organisation pour ce Secours rouge international que nous défendons. Elle doit couvrir tous les cas de répression où qu’ils se produisent; compter parmi ses rédacteurs et collaborateurs les membres d’autres organisations anti-répressives, en particulier, servir de porte-voix aux prisonniers politiques eux-mêmes quelle que soit leur nationalité.

Comme n’importe quel autre projet qui se met en marche nous pouvons dire qu’il y a presque tout à faire; nos idées ne sont que des propositions lancées au mouvement révolutionnaire et anti-répressif international et ouvertes à tout type de modifications qui aident à avancer dans la direction d’une plus grande intégration et unité du dit mouvement. Précisément en l’honneur de cette unité que nous voulons basée sur des principes internationalistes, solidaires et véritablement révolutionnaires, nous voulons aussi dénoncer le cas des opportunistes, type CARC ou ASP italiens, qui n’hésitent pas à utiliser le prestige des prisonniers politiques et de leur lutte pour monter des complots qui leur permettent de faire carrière dans les diverses organisation anti-répression et de les faire dévier sur le terrain de la conciliation. Avec de tels élément et d’autres qui peuvent surgir nous ne pouvons aller nulle part, et ceux qui veulent vraiment travailler sérieusement à la constitution d’un Secours rouge doivent les dénoncer publiquement et les expulser.

Notre Parti ne va pas mesurer ses efforts pour impulser la construction du Secours rouge international; nous pensons que c’est le chemin et qu’il n’existe pas d’autres voies pour faire front à la grande vague de fascisme, de terreur et de misère qui nous arrive dessus. Nous lançons un appel pour que d’autres partis et organisations et tous les démocrates et antifascistes en général, fassent leur cette position vraiment internationaliste et solidaire, et y participent activement. Il dépend de nous tous et non d’un seul groupe ou parti que cela devienne une réalité; selon notre Secrétaire général, emprisonné en France: "Renforcer et étendre cette organisation, faire que la connaissent et participent à ses activités le plus grand nombre possible de collectifs d’ouvriers, de femmes, de jeunes et autres démocrates qui sont disposés à apporter leur contribution, stimuler des formes actives, véritablement militantes, la solidarité avec les prisonniers antifascistes, anti-impérialistes et révolutionnaires de tous les pays jusqu’à en faire un puissant mouvement international tel est le défi, telle est la voie qui est maintenant ouverte".

Août 2001